Ce que la pêche au large fait au corps
On ne devient pas marin sans que l’eau, le bateau ne vous transforme. Physiquement, mentalement, chimiquement…
La fatigue en mer
Le sommeil et la fatigue : on apprend à dépasser ses limites. Parce que l’argent se fait sur le pont. Si on ne sort pas faire les manœuvres et traiter le poisson, il n’y a pas de salaire. C’est aussi simple que ça.
Les recherches scientifiques sur les marins pêcheurs (PISTES, revue interdisciplinaire sur le travail et la santé, 2011) distinguent deux types de fatigue à bord :
– la fatigue physique sur le pont : port de charges, manœuvres, pont instable
– la fatigue cognitive en passerelle : une dizaine à quinzaine de décisions à prendre chaque jour, en continu, sans interruption.
Ce que la science ne mesure pas, c’est la capacité du corps humain à s’adapter. À tenir. À aller chercher au fond de lui ce qu’il ne savait pas avoir.
Et si le bonheur s’était les hormones ?
Le corps se met en mode performance. La pêche déclenche naturellement la création de ces hormones :
L’adrénaline et la noradrénaline pour la réactivité et la vigilance. La dopamine quand ça pêche bien. Le cortisol qui gère l’effort physique prolongé. Les endorphines qui provoquent ce sentiment d’euphorie après un effort intense. La sérotonine, hormone du bonheur, se libère avec l’effort physique et l’exposition à la lumière naturelle (les deux sont constants).
Un sacré cocktail… 😏
Le corps à la débarque
Parfois, le sol bouge encore sous les pieds : le cerveau a tellement intégré le roulis qu’il continue à le simuler.
Et il y a les nerfs qui lâchent. C’est 1 à 2 journées de sommeil continu. On est à terre, plus sur l’eau. Le corps rend les armes maintenant qu’il peut. La mer vous tient debout. La terre vous rend à vous-même.

